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AUTUMN 2008
PARADISE LOST AND REFOUND
EXHIBITION OF 6 PAINTINGS BY BERNARD
BAILLY AT THE WALL STREET INSTITUTE FRIBOURG
Bernard
Bailly was born in Geneva in 1949 and studied for his art
school diploma at the Ecole Supérieur d’Arts Visuels in the same town. He is an
art teacher at the College St-Michel in Fribourg (drawing, painting and
engraving) and has been learning English at the WSI since 2006.
Two exhibitions at Tate Britain (John Constable, The Great Landscapes in
2006 and Peter Doig in 2008) as well as time spent watercolour painting in the
open air with Janet have had a strong influence on recent developments in his
work.
From 2003 to 2007 his paintings formed large colourful frescos full of
carefully-placed figures. Inspired by contemporary themes, stylistically his
work seemed reminiscent of strip cartoon illustrations but in fact the format,
painting quality on canvas and the composition owed more to classical painters
like Rubens than to Japanese mangas.
Today Bernard Bailly’s
work has developed further, encouraged by visiting the exhibitions of Constable
and Doig. His landscapes have taken on more importance and sophistication of
palette. The figures are still present, but smaller, taking their place in
imposing landscapes. The dramatic paintings tell a story in a contemporary
vision of life which expresses itself in a style reminiscent of both Fauve
Expressionism and Romanticism. His dramatic subject: Paradise Lost and Refound.
The exhibition consists of 6 acrylics on canvas: (5 paintings each 114 x
146cm and 1 painting 170 x 120cm).
AUTOMNE 2008
Paradis perdus, paradis retrouvés
Accrochage de 6 peintures de Bernard Bailly au WALL STREET INSTITUTE FRIBOURG
Bernard
Bailly est né à Genève en 1949. Diplômé de l’Ecole
Supérieure d’Arts Visuels de cette même ville, il enseigne les arts plastiques
(dessin, peinture, gravure) au Collège Saint-Michel à Fribourg. Il est étudiant
au WSI depuis 2006.
Deux expositions à la
Tate Britain (John Constable, The Great Landscapes, 2006 et
Peter Doig, 2008) et la pratique de l’aquarelle en plein air avec Janet vont
avoir une influence déterminante sur l’évolution récente du travail de Bernard
Bailly.
En effet, de 2003 à 2007 les tableaux présentaient de grandes fresques
colorées narratives composées de personnages rigoureusement agencés, traitant
de thèmes contemporains. Le style rappelait la BD mais en réalité, par le support, le format, la
technique picturale et le sens de la composition devaient déjà plus à Rubens
qu’aux mangas.
Aujourd’hui conforté par la découverte du travail de Constable et
de Doig, on constate un élargissement du champ de vision. Les personnages plus
petits sont toujours présents, mis à l’échelle de paysages imposants. La
narration est toujours présente dans un univers qui se situe naturellement
entre un expressionnisme fauve et un romantisme haut en couleur fait de paradis
perdus ou retrouvés.
L’accrochage présente 6 peintures acryliques sur toile (5 toiles de 114 x
146cm et 1 toile de 170 x 120cm).
2008
LES FANTASMES DE BERNARD BAILLY
Le peintre
expose, pour deux jours seulement, une cinquantaine de peintures et d’aquarelles
à l’Atelier Galerie Contraste. Deux longs cycles narratifs expressionnistes où
se collisionnent les images du monde et les rêves hallucinés.
Comme une
bande dessinée sans grille
Exposition :
Bernard Bailly
expose pour deux jours de longs cycles de peinture : « Abandon et
reprise », suivi de « Leçons ». Une figuration narrative
explosive.
Né à
Genève eh 1949, où il a suivi l'Ecole supérieure d'arts visuels, Bernard Bailly enseigne
les arts plastiques au Collège Saint-Michel de Fribourg. Graveur jusqu'en 2003,
il a fait le saut de la peinture et de la couleur cette année-là, réalisant des
séries de grands tableaux où l'actualité du monde, les informations glanées
dans la presse, la BD
et les fantasmes s'agencent en de grandes compositions telles des planches de
BD dont on aurait fait disparaître les grilles.
Comme dans
certaines tapisseries médiévales, la narration se trouve précipitée dans un tourbillon
où le spectateur est invité à recomposer une émotion, un enchaînement visuel.
Ce week-end Bernard Bailly
montrera succinctement 36 peintures et des aquarelles -réalisées, elles, sur le
motif - à l'Atelier Galerie Contraste de Fribourg.
Couleurs explosives
On
pourrait prêter à Bernard
Bailly les propos de Bernard Rancillac, quand le peintre
français tenant de la
Figuration narrative déclarait:
«L’Histoire chaque matin me rattrape de sa horde d'événements sauvages et
sanglants. On ne peut peindre que sur le canevas de ses émotions personnelles,
de ses hantises, de ses angoisses.» L’Histoire, au sens du défilement de
l'actualité, est bien présente dans les tableaux de Bernard Bailly. On y croise
aussi bien Bill Clinton que Joseph Deiss. Mais dans ce monde que l'artiste
dénonce comme de plus en plus marchandisé, le continent noir de l'intime
s'étend, s'immisce, alignant ses allégories, ses fantasmes et des figures
semblant sortir de rêves plus ou moins hallucinés.
Expressionnisme
inspiré par Max Beckmann, figures souvent soulignées d'un trait noir plus ou
moins gras, couleurs explosives: la peinture de Bernard Bailly affirme sa
matérialité, son dynamisme, la construction patiente des compositions jusqu'au
bouillonnement. Dans son minuscule appartement atelier à Fribourg, Bernard Bailly ne s'en
cache pas: avec cette exposition, il revient de loin. Blessé dans sa vie
personnelle, il a du coup modifié plusieurs anciens tableaux avant de rebondir
et d'achever ce cycle. D’où le titre « Abandon et reprise ».
«Au
premier degré, ce titre donne les étapes de la réalisation d'une oeuvre. La
création d'une oeuvre est une aventure: aventure en cours lorsque la toile est
en travail sur le chevalet, aventure abandonnée lorsque la toile est déposée
dans un coin de l'atelier et aventure reprise lorsque la toile est à nouveau
sur le chevalet.»
Une
aventure à découvrir brièvement donc, ce week-end. Mais Bernard Bailly entend à
l'avenir donner plus de visibilité à son art, à ce qu'il appelle «la
provocation de la figuration». Dans ce but notamment, il vient de constituer
avec Michel Cotting et Patrice Morard le collectif Bô*, un nouveau groupe de
peintres se présentant comme expressionnistes à Fribourg.
Ve 16 à 20
h, sa 10 à 17 h, Fribourg Atelier Galerie Contraste, ruelle des Cordeliers 6.
Vernissage le vendredi. Animation jazz le samedi dès 17h.
LA LIBERTE
Mercredi
21 mai 2008
Jacques
Sterchi
2008
Bernard Bailly présente l’ensemble de sa
production picturale réalisée entre 2003 et 2008 à la galerie CONTRASTE, Ruelle
des Cordeliers 6 à Fribourg
L’exposition
sera ouverte le vendredi 23 mai 2008 de 16 à 20h (vernissage) et le samedi 24
mai 2008 de 10h à 17h.
ANIMATION
JAZZ
Samedi 24
mai 2008 dès 17h.
Denis
Pittet, trompette, et Guido Daellenbach, clavier (standards du jazz).
ABANDON
ET REPRISE
Suivi
de
Leçons
Une
trentaine de peintures acryliques sur toiles de grand format qui ont été
réalisées entre 2003 et 2008 (Abandon et reprise) et une quinzaine d’aquarelles
de petit format réalisées à partir de juillet 2007 (Leçons) seront présentées
pour la première fois dans leur ensemble.
Cette
exposition est un bilan.
Depuis
2003 j’avais peint presque tous les malheurs du monde. Les bouleversements que
j’ai subis dans ma vie privée au début 2007 donnent un éclairage particulier à
ma production : plusieurs tableaux ont été repris et modifiés. Des
personnages ont été supprimés, d’autres personnages ajoutés, pour faire plus
vrai et coller au mieux à ma réalité qui, par moments, a largement dépassé la
fiction. Certaines de mes visions fantasmatiques d’alors se sont en effet
avérées après coup prémonitoires.
Pourquoi
le titre ABANDON ET REPRISE?
Au premier
degré, ce titre donne les étapes de la réalisation d’une œuvre. La création
d’une œuvre est une aventure: aventure en cours lorsque la toile est en travail
sur le chevalet, aventure abandonnée lorsque la toile est déposée dans un coin
de l’atelier et aventure reprise lorsque la toile est à nouveau sur le
chevalet.
Pour l’artiste,
une peinture n’est jamais totalement terminée. Elle est considérée comme
terminée lorsqu’elle est emportée par le collectionneur. L’œuvre signée, datée
et vernie se trouve hors de portée du peintre : elle a alors sa vie
propre.
Ensuite,
dans un sens second, ce titre indique qu’après l’abandon, la vie a repris le
dessus. Reprise personnalisée par Janet. Avec cette rencontre est venu
s’ajouter le cheval comme nouveau thème iconographique et l’aquarelle en plein
air comme nouvelle technique.
Leçons
C’est le
retour au motif avec des aquarelles exécutées en extérieur, la première au
Connemara en juillet 2007. Leçons de structure, de forme et de couleur que nous
donne la nature. Etudes du direct qui vont nourrir de grandes compositions
colorées et parfois resurgir comme éléments du décor.
2008
ABANDON
ET REPRISE
30
peintures acryliques sur toiles de grand format réalisées de 2003 à 2008.
Cette
exposition est un bilan. Les grandes toiles expriment dans leur première
facture les échos en moi des malheurs du monde. Ceux de ma vie privée qui ont
commencé en 2007 leur donnent un éclairage particulier. En effet je repris et
modifiai certaines œuvres, supprimai des personnages, en ajoutai d'autres,
approchant par là, pensais-je, de ma réalité vraie.
Mais voilà
que la réalité donnait tout à coup à la fiction une chair. Mes visions
fantasmatiques s'avéraient prémonitoires.
Il avait
fallu abandonner le fruit du travail sur le chevalet, cette aventure, cette
errance, l'abandonner dans un coin de l'atelier. Et ma vie exigeait une
reprise. Et la reprise était révélation d'une anticipation.
Ici,
j'abandonne une nouvelle fois et définitivement cette fois. L'œuvre n'est plus
à ma portée.
Maintenant,
ma vie, je la reprends. Elle s'appelle Janet.
Leçons
15 aquarelles
de petit format réalisées dès juillet 2007
Je dois à
Janet la redécouverte des leçons de structures, formes et couleurs que nous
offrent la nature quand on se met à son école. La nature nous fit cet
enseignement la première fois au Connemara en juillet 2007.
Georges
Savoy
Charmey, 9
janvier 2008
2007
FESTIVAL
POUR LES ARTS D'ICI
Le Poisson
rouge, collectif d'artistes, a trouvé au Werkhof un lieu idéal pour son
quatrième festival d'arts visuels. Sur près de 800 m2, 53 peintres, sculpteurs,
vidéastes ou photographes, renommés ou débutants, présentent un panorama de la
création dans le canton.
Cinquante-trois
peintres, sculpteurs, vidéastes, photoqraphes ou créateurs d'installations
participent à cette exposition, qu'ils soient débutants ou confirmés
Après
avoir exposé à Marly, le Poisson rouge a pu réaliser un rêve vieux de trois
ans: ce collectif d'artistes a investi le Werkhof, à Fribourg,:pour son
quatrième festival d'arts visuels. Cinquante-trois peintres, sculpteurs,
vidéastes, photographes ou créateurs d'installation y participent, qu'ils
soient débutants ou confirmés. Fribourgeois pour la très grande majorité. Tout
en restant ouvert sur l'extérieur, «l'idée est de montrer les artistes d'ici,
qui ont peu de lieux pour exposer» , explique Augustin Pasquier, membre du
comité du Poisson rouge.
Le
Werkhof, c'est «le lieu idéal pour une telle exposition; poursuit- il. Il
permet aussi de casser le côté élitaire des musées.» Vrai que l'endroit paraît
peu conventionnel, avec sa toiture digne d'une cathédrale; son sol de chantier,
par endroits recouvert de sable. Sans oublier les courants d'air et les traces
de son histoire, murs de molasse et poutres calcinées… Ici, les oeuvres
dialoguent avec les murs, mais aussi entre elles: «C'était un principe
d'accrochage, indique Augustin Pasquier. Nous avons essayé de juxtaposer des
oeuvres différentes, qui se confrontent et créent des contrastes intéressants.»
EN
RESONANCE
C'est le cas,
par exemple, des trois fusains de Guy Oberson, impressionnants de souffle et de
force, qui entrent en résonance avec les sculptures d'Eric Sansonnens,
réalisées à la tronçonneuse, dans l'élan du bois. Ou avec les couleurs
végétales de Vital Simonet intégrée de manière exemplaire au lieu, l'oeuvre de
Camille von Deschwanden constitue un autre temps fort de l'exposition, avec ce
papier imposant qui prend des profondeurs inattendues en fonction de
l'éclairage.
Bernard Bailly a lui aussi utilisé les spécificités
de l'endroit, en plaçant ses toiles vives sur là hauteur. D'autres ont choisi
le contraste, comme Yves Marti, avec ses cailloux suspendus; tout de finesse et
d'équilibre. Les sculptures de Julien Burgy, de leur côté, mêlent pierre et
bois, comme en écho aux murs et aux poutres du Werkhof.
Au fil de
l'exposition,on croise des fidèles de Poisson rouge, dont son président, Renato
K, aux oeuvres toujours aussi vivantes et colorées. Augustin Pasquier, lui,
présente un triptyque (Le pèlerin) qui invite aux interprétations, en mêlant
autoportrait, paysage du Gibloux et figures étranges dans la profondeur de la
forêt. Un autre triptyque est juxtaposé, celui de la photographe Mélanie
Rouiller, animé lui aussi d'un mystère revigorant. De son côté, David Clerc
poursuit son passionnant travail géométrique et vaporeux, alors que Bojan
Stankovic fait preuve, en trois toiles, d'une belle puissance
STIMULATION
Cette
diversité des genres et des styles fait le sel d’une telle exposition: «Nous
avons envie de montrer qu'il y a dans le canton un immense potentiel de
création» , souligne Renato K. Un potentiel qui passe par l'humour, l’étrangeté
ou encore la critique sociale, qu'elle soit en finesse avec l'installation du
photographe Bruno Maillard, ou rentre- dedans avec la violente toile
antiaméricaine d'Imad Al Kari. C'est aussi l'occasion de rappeler que l'art
n'est jamais aussi passionnant que lorsqu'il bouscule et stimule: on
s'interroge ainsi avec bonheur devant les photographies de René Bersier;
l'installation de Frédéric Marro, celle de Maude Sprumont ou cette femme
assise, désabusée, d'Adrian Fahrländer.
Dans les
contrastes toujours, à signaler encore les confrontations entre les sculptures
de Manfred Zurkinden et de l'atelier Zueri & Breizh de Villaz-St-Pierre
(avec en particulier une magnifique ballerine), dont la finesse répond à la
pierre de Res Freiburghaus. Le sculpteur, décédé en décembre dernier, avait été
membre exposant de Poisson rouge. Hommage lui est rendu à travers trois oeuvres
où s'allient pesanteur et légèreté: par la grâce du ciseau de l'artiste, les
blocs de pierre semblent prêts à l'envol et prennent ici une poignante force
symbolique.
LA GRUYERE
Jeudi 20
septembre 2007
Eric
Bulliard
2007
EXPOSITION
AU WERKHOF
Les
artistes fribourgeois du Poissonrouge
Le
festival d'arts visuels du collectif le Poisson rouge en est à sa quatrième
édition. Cinquante trois artistes y participent. Au total, 22 peintres, 18
sculpteurs, 13 vidéastes, photographes et créateurs d'installations ont investi
le rez-de-chaussée du Werkhof à Fribourg (photo Alain Wicht).
Sur 800 m2 de chantier, les
installateurs sont imaginatifs, à l'instar de François Knellwolf, qui a imaginé
une énorme boule d'anciens compteurs. L'espace immense accueille sculptures et
mobiles, les parois de béton les toiles. Bernard Bailly a créé un
quatuor vivant et coloré, Augustin Pasquier un triptyque autobiographique. Au
centre: trois oeuvres de Res Freiburghaus à qui le Poissonrouge rend hommage.
«Le projet
du Werkhof date de la création de notre association. Il se réalise. C'est
heureux parce que le festival est un état des lieux de la création artistique
dans le canton», explique Renato K, président du Poissonrouge. «Nous
accueillons de jeunes créateurs intéressants. Nous sommes actuellement 89
membres. Le concept des expositions, puis l'accrochage, se réalisent
collectivement afin de donner une âme l'ensemble.» Pari réussi avec de belles
découvertes, sur trois week-ends, les pieds dans le sable et le nez dans une
belle charpente.
LA LIBERTE
Jeudi 13
septembre 2007
Monique
Durussel
2006
LE
MONDE COLORE DE CAROL ET BERNARD
Un couple,
Carol et Bernard Bailly,
inaugure la nouvelle ère des expositions à la Galerie du Faucon, à La Neuveville, avec des
oeuvres foisonnantes de couleurs et de créativité. A voir jusqu'au 23 décembre.
Le couple
est Fribourgeois, mais Carol Bailly; venue de Boston en 1970, a vécu à La Neuveville avec sa
famille et a travaillé comme aide médicale au Landeron. Son amour pour le
dessin s'est manifesté à Fribourg, deux ans après son mariage avec Bernard
Bailly. Ses oeuvres figurent notamment dans la collection Neuve Invention au
Musée de l'Art Brut à Lausanne depuis 1987. Carol Bailly croque une foule de personnages
cocasses dans ses tableaux. Elles les trace à l'encre de Chine, puis les anime
de couleurs à la gouache et au crayon. Ses oeuvres foisonnent de détails,
assortis de textes et de références à des personnages. Tout s'imbrique et
évoque des jubilations d'origine latino-américaine. L'atmosphère est joyeuse,
mais il s'y cache des squelettes et des têtes de mort et beaucoup d'ironie.
Bernard Bailly est né à Genève dont il est
diplômé de l'Ecole supérieure d'arts visuels. Il enseigne le dessin, la peinture
et la gravure au Collège Saint-Michel, à Fribourg. Il s'est d'abord exercé dans
la gravure noir blanc avant d'apprivoiser la couleur. Dans les oeuvres exposée
à la Galerie
du Faucon (nouvellement reprise par Pierre Béguelin), il s'attache au
mouvement, à l'équilibre. Il s'y passe quelque chose. Ses personnages sont donc
en action pour la plupart et les questions à leur propos subsistent après
analyse: d'où viennent-ils, où vont- ils, voire, que font-ils? Leur monde est
très coloré et d'étranges créatures y vivent. Mais le mystère persiste sur fond
très réaliste.
L'exposition
est ouverte jusqu'au 23 décembre les vendredis, samedis et dimanches de 15h à
18h (ou sur rendez-vous).
JOURNAL DU
JURA
Décembre
2006
Annette
Thorens
2004
CELLULES
Retenir
halluciné de son bras extendu
les
morceaux du moi
Appuyer du
dedans sur la boîte
qui
enferme
Faire face
encore
Faire face
en corps
A la vie
A la mort
Texte de
Georges Savoy pour les 2 gravures de Bernard Bailly, participation à l’exposition
AUTOPORTRAITS, édition de l’abonnement artistes suisses 2004.
AUTOPORTRAITS
GALERIE
CONTRASTE, Fribourg
2003
Coup de
cœur: L’univers de Carol
… Carol
est arrivée en Suisse à l’âge de 15 ans. Elle épouse, bien des années plus
tard; Bernard Bailly,
qui, lui, pratique la gravure au sous-sol de leur maison et enseigne les arts
plastiques au collège Saint-Michel à Fribourg. Ils ont trouvé la demeure idéale
pour exercer leurs activités respectives. Et... près d'un arrêt de bus, critère
important pour Carol. «Je ne pourrais jamais habiter à la campagne à cause des
déplacements.»
Pas
d'importance, les Bailly ont un jardin arborisé. Une aubaine également pour
Blue; le petit chien, de race carlin, peut ainsi sortir en toute quiétude. Une
barrière, haute d'à peine 30 centimètres suffit à l'empêcher de fuguer.
De toute manière, Carol s'en occupe avec tant d'affection qu'on se demande bien
ce qu'il pourrait aller chercher ailleurs.
TERRE ET
NATURE
Jeudi 9
octobre 2003
Nicole
Marrama
2001
Georges
Savoy publie un beau livre sur deux artistes
Edition:
Première publication pour les éditions Belpresse, logées au Collège
Saint-Michel.
Carol et Bernard Bailly avaient
exposé leurs oeuvres à Saint-Imier; l'écrivain et professeur de philosophie
Georges Sayoy s'était chargé de la présentation. Une collaboration harmonieuse
qui débouche aujourd'hui sur la publication d'un beau livre, FACE. C’est aussi
le premier bébé des éditions Belpresse, sises au Collège Saint-Michel où,
explique Bernard Bailly;
elles bénéficient des ateliers d'impression et de lithographie.
UN
SUBTIL ECHO
De
Fribourg, Carol Bailly fait de plus en plus rayonner, son oeuvre qui a déjà
trouvé place dans les collections de l'Art brut à Lausanne, notamment. Quant à Bernard Bailly, il est avant
tout graveur. Ici, leurs oeuvres trouvent un subtil écho sous la plume de
Georges Savoy; il est question de retournement: celui d'une âme enfermée dans
les prisons du «moi» et qui finit par s'aérer, regarder dans les prisons de
l'âme des autres. Un travail de retournement qui évoque le procédé même de
l’impression, de la gravure, où le motif se retrouve « à l’envers ».
Mais
survint l’étrange
Les
prisons de mon âme
Avaient
des grilles étrangères
Jamais je
n’avais senti mes narines
Y
montaient
Des effluves
saturés
D’amour
impatient
C'est par
l'amour, celui de soi aussi, par l'inscription de cet acceptation, que
l'artiste se libère d'une présupposée prison intérieure. Un fort beau message
de poète pour un mince mais élégant ouvrage imprimé à 200 exemplaires sur
papier Cuve Arche Expression, avec cinq dessins originaux de Carol et Bernard
Bailly.
Georges
Savoy, FACE, Ed. Belpresse. En vente dans les librairies Albert-le-Grand et Le
Bien-Etre, à Fribourg.
La Liberté
Vendredi
15 juin 2001
Jacques
Sterchi
2001
LA POESIE EN RESONANCE
Professeur
de philosophie au Collège Saint-Michel, Georges Savoy publie son premier
ouvrage de poésie. «Face» met en résonance ses mots de l'enfermement et de la
réflexion avec des dessins signés Carol et Bernard Bailly.
Première
évidence: l'objet est de qualité. Edité par Belpresse au Collège Saint-Michel
de Fribourg, FACE se présente comme un recueil de belle facture. Beau papier,
cinq dessins originaux, une typographie soignée. La poésie de Georges Savoy a
trouvé un magnifique écrin.
FACE est
le premier recueil de poèmes de Georges Savoy. Ce natif d'Attalens enseigne la
philosophie au Collège Saint-Michel. Pour lui, poésie et philosophie sont
liées: «Les deux domaines se nourrissent. La poésie permet de donner chair aux
concepts. Le poète Henri Michaux expliquait que la peinture lui permettait de
se déconditionner. La poésie me déconditionne d'une certaine rationalité un peu
sèche.» Le texte de Georges Savoy est né d'une exposition de Carol et Bernard
Bailly. «J'ai été très touché par certains tableaux. J'ai écrit un poème que
j'ai lu lors d'une exposition à Saint-Imier.» Ce poème est devenu FACE. C'est
dire si images et texte sont ici liés. Les deux «je» du poème, l'un féminin,
l'autre masculin, semblent se répondre: chacun, «aux barreaux des prisons de
leur âme», regarde vers l'extérieur et est regardé à son tour. A cet écho
s'ajoutent les dessins de Carol et Bernard Bailly, offrant un vertigineux jeu de
résonances.
Même s'il
écrit de la poésie depuis longtemps, le philosophe Georges Savoy n'est jamais
vraiment absent de ce poème de l'enfermement et de la réflexion - dans tous les
sens du terme - où les mots se font l'écho d'une impossible rencontre.
FACE,
poème de Georges Savoy, dessins de Carol et Bernard Bailly, Belpresse.
Exposition au Musée Gutenberg de Fribourg, samedi et dimanche, de 16h à 18h, en
présence des auteurs.
LA GRUYERE
Samedi 9
juin 2001
EB
2000
SAINT-IMIER
CAROL ET BERNARD BAILLY
AU CCL
UN COUPLE, DEUX SENSIBILITES
Elle
choisit de dessiner de drôles de bonnes femmes toutes en rondeurs, colorées
jusqu'à saturation. Lui opte pour la gravure en noir et blanc. Elle et lui, ce
sont Carol et Bernard
Bailly, Fribourgeois qui ont accroché leurs œuvres aux
cimaises du Relais culturel d'Eguël.
La peinture
de Carol Bailly, c'est un univers rempli à ras bord, avec, comme leitmotiv, ses
têtes féminines aux grosses lèvres rouge vif, entourées de mille objets comme
autant de pensées: du pot de moutarde à la liste de commissions, du prince
Charles à Lady Di, chaque étincelle de ses cogitations peut trouver une place
sur ses toiles. Considérant sa peinture comme une thérapie, elle dit ressentir
le besoin de finir ses images, comme si la feuille n'était jamais assez grande
pour tout exprimer. Ses sujets de prédilection ? Les activités de tous les
jours, du repassage à la vaisselle ou l'actualité, ou...
Son mari, Bernard Bailly, est plus
sobre: s'exprimant par des gravures, son univers tout en noir et blanc présente
des personnages moins idéalisés, plus ordinaires. A côté de l'impétuosité de
son épouse, il défend un art différent. Enseignant en arts visuels, il a à son
actif de multiples expositions, en Suisse, en France ou en Pologne. Il a par
ailleurs décroché de nombreux prix pour ses oeuvres. Tout ce petit monde en
noir et en couleurs est à découvrir au Relais culturel d'Erguël, dès ce
vendredi 17 mars.
Saint-Imier,
Relais culturel d'Erguël vernissage vendredi 17 mars à 19 h, exposition ouverte
du 17 mars au 16 avril. Entrée libre.
JOURNAL DU
JURA
Vendredi
17 mars 2000
FH
1999
CAROL
PEINT, BERNARD GRAVE
ELLE
AFFABULE, IL EXPERIMENTE
La galerie
avenchoise du Paon présente le couple Bailly. Carol fait du brut, son mari
travaille formes et personnages confinés.
Neuve Invention.
Le concept artistique - forgé par le peintre Jean Dubuffet - colle bien à la
production de Carol Bailly. L'artiste fribourgeoise use avec un plaisir
manifeste de la liberté accordée aux créateurs d'art brut, d'une figuration
stylisée en marge des écoles d'art.
Elle étale
à l'envi ses affabulations picturales logorrhéiques, remplissant la toile de
ses mises en scène à la fois kitsch et ironiques. Depuis le 2 octobre et
jusqu'à ce week-end, Carol et son mari Bernard exposent à Avenches sur les murs
de la galerie du Paon…
Bernard Bailly, son mari, travaille en
contrepoint. Dans un espace bien délimité - une planche carrée, une palette de
peintre par exemple - il met en scène ses personnages et ses formes totémiques
ou calligraphiques. Dans ses xylographies, il se plaît à jouer entre la forme
et le fond, multipliant les interférences entre les profondeurs de lecture. Ses
êtres mégacéphaliques entourés de dragons prennent possession ou se plient aux
frontières choisies par l'artiste.
LA LIBERTE, Fribourg
Jeudi 21
octobre 1999
FH
1999
BELFAUX:
Bernard Bailly
arbeitet mit der Gravüre-Technik.
14 Künstler stellen derzeit ihre gravierten Werke in der Post-Scriptum-Galerie
aus
Freiburger
Graveure stellen aus
Belfaux.
Noch bis zum 30. Mai stellen 14 Kunstschaffende der Association Belzedicts
Fribourg gegen 100 gravierte Werke in der Galerie Post-Scriptum des Künstlers
Jean-Marc Schwaller aus.
Bernard Bailly, Gründungsmitglied der Association
Belzedicts Fribourg (ABF) und Lehrer für visuelle Kunst am Gymnasium St.
Michael, ist an der Ausstellung in Belfaux mit grossformatigen Holzschnitten
präsent. Zusammen mit den beiden Künstern und Lehrern Casimir Reynaud und André
Clerc gelang es ihm, eine repräsentative Ausstellung mit den gegenwärtig
wichtigsten Graveuren zu organisieren. Laut Bailly handelt es sich
ausschliesslich um «Graveurs-graveurs», also um Künstler, die die ursprüngliche
Gravüre-Technik anwenden. «Graveurs-graveurs» lautet auch der Titel des
handgedruckten Ausstellungskatalogs.
Kupfer,
Stahl, Holz, Linol
Eindrückliche
Beispiele sind die Stahlstich-Drucke des 89jährigen Léon Verdelet. Der
gebürtige Pariser lebt heute in Bulle. Seine photographisch genauen Bilder von
Freiburger Landschaften sind wahre Kleinode der Gravürekunst. «Von der Technik
und Präzision sind diese Darstellungen als Vorläufer der Photographie
anzusehen», meint André Clerc. Marzia Fasel, Schülerin von Léon Verdelet,
stellt mit «Donna 1-5» gekonnt das weibliche Element dar. Eindrucksvoll ist ein
Selbstbildnis.
Bernard Bailly ist glücklich, dass die
Miniatur-Farbstiche von R. Agass Baumgartner ausgestellt werden können.
Baumgartner entwickelte eine Drucktechnik die es es erlaubt, mehrere Farben auf
einmal zu drucken. Von Bailly selber sind drei Holzschnittdrucke in Plakatgrösse
zu sehen, eine Komposition aus dem beruflichen und familiären Umfeld.
Casimir
Reynauds Holzschnitte bestechen durch eine freie und ungebundene Führung von
Messer und Stichel, mit denen er eine bewegungsreiche Formenvielfalt erzeug.
Die Menschen in den Holzschnitten von André Clerc leben in Spannnung, leiden
oder widerstehen unmenschlichen Lebenssituationen. Benoît Deschenaux behandelt
in seinen Werken das Thema Klonen wie das geklonte Schaf Dolly. Andererseits
setzt er mit der Monotypie-Technik die Vervielfältigung des Schafes in
einzelnen Druckgängen auf dem Papier auch technisch um. Dabei verwendet er auch
Plexiglas.
Sandro
Godel aus Domdidier zeigt modern gestaltete Collagen. Er arbeitet mit der
Aquatinta-Technik und «pointe sèche» auf Japanpapier. Mit derselben Technik
schafft Josiane Guilland aussagestarke Bilder. Märchenhaft macht Jean-Pierre Humbert
seine Gedankengänge zu Bildem, teilweise mit gespenstischer Wirkung.
Bewegung
und Farbe
Vital
Simonet arbeitet mit Linol und Farbe. Mit seiner Trilogie «Carnaval» gibt er
die fastnächtliche Spannung in der Masse wieder. Gefühle von Beklemmung und
Neugier wecken .die Gravüre-Bilder von Claire Zahnd. Ein schönes Beispiel ihrer
Holzschnittechnik ist das kalligraphische Objekt mit arabischen Schriftzeichen.
Die
Bildabfolge «Zia Dolinda» von Jacques Cesa ist eine Charakteren-Darstellung,
die an die Tradition der Menschendarstellung mittels des Holzschnittes
anschliesst. Auch Jean-François Devaud nimmt den Menschen zum Hauptthema. Mit
seinen unglaublich feinstrichigen Gravüren «Naissance» oder «L'Entretien» macht
er die Fäden sichtbar, welche Menschen verbinden.
Galerie
Post-5crlptum, Belfaux: Bis und mit 30. Mai. öffnungszeiten: Freitag und
Samstag 14 bis 18 Uhr. Sonntag 14 bis 17 Uhr.
BZ
BERNERZEITUNG
Freitag,
30. april 1999
Anton
Burni
1996
LES
REFEXIONS D'UN PEINTRE
BERNARD BAILLY PASSE AUX "TABLES DES
MATIERE"
UNE
MEDITATION DU REGARD
La
deuxième parution des toutes récentes Editions fribourgeoises Belzedicts met
des mots dans la peinture. Après "La philosophie et son
enseignement", la nouvelle enseigne (dirigée par quelques professeurs du
Collège St-Michel) accueille les réflexions du peintre Bernard Bailly
"Tables des matières".
Le bref
ouvrage, sous originale couverture illustrée d'une sérigraphie de l'auteur, est
un lent propos sur la pratique de peindre. Sur grandes et belles pages, dans
une présentation graphique qui rehausse le plaisir de la lecture et lui donne
son rythme, ce "discours-installation" s'ouvre sur la phrase de John
Cage: "Je n'ai rien à dire et je le dis". La proposition ne tient pas
de la provocatrice chiquenaude. Elle est à lire, très concrètement, dans le
cheminement du peintre. "Le peintre sait ce qu'il ne veut pas dire mais il
ne sait pas encore ce qu'il va dire". Peignant, il va déployer "des
stratégies de dérive et de déroute qui donnent au détour de la valeur".
Cette
pratique dans le détour, qui relègue le motif, est éloge de la matière. Bernard Bailly la célèbre
dans les palettes, les plateaux épais, les papiers peints. Et les livres
compagnons de parcours, ceux qu'en ce livre il cite et qui sont ceux qu'il
illustre, en leur table des matières, de croquis divers.
Autant de
manières d'être à la peinture et d'en parler. C'est-à-dire de réfléchir à son
action. Dans un regard oblique où paraissent les gestes du peintre. Ces gestes
et leur sens, où encore et à nouveau l'on s'interroge.
Bernard Bailly, TABLES
DES MATIERES, Editions Belzedicts, Fribourg,1995
LA LIBERTE
Samedi
10/dimanche 11 février 1996
Jean-Dominique
Humbert
1987
BERNARD
ET CAROL BAILLY A AVRY-ART
REAPRENDRE
A PEINDRE
Dessiner,
c'est commencer par des études, comme au piano. Le professeur de dessin Bernard Bailly le
rappelle dans l'exposition qu'il partage jusqu'à la fin du mois avec son épouse
Carol.
En
septembre 1986, sur son carnet de tâches, il a dessiné des mains, paumes
ouvertes, doigts écartés, poing, et l'articulation du genou. Les vertèbres en
colonne ont sollicité son crayon également. Il a raison tous les peintres
classiques se sont toujours heurtés à la difficulté des mains. Longtemps ce
sont elles qui faisaient la différence entre un peintre médiocre et un bon
peintre.
Quand on
regarde ensuite ses grands formats: l'homme à la cigarette, l'enfant au petit
doigt entre les dents disjointes, l'allaitement d'après... ou le short retenu à
deux mains, on comprend qu'il a dû commencer par des études de main et
d'articulation.
Mais Bernard Bailly fait aussi
la part belle aux traces chiffonnées et aux plissements des étoffes: l'écharpe
magnifiquement nouée, le blouson la jupe qui vole, le nœud du drap autour des
hanches, clair sur foncé, gris sur blanc, vieux rose... La couleur vient
comme une récompense après le dessin, après qu'il a saisi à la mine de plomb
les mouvements les lignes et les ombres du tissu.
Les plus
anciennes choses datent de 1985. Elles révèlent le début du cheminement de
Bernard Bailly. Les formats sont petits, les détails, par conséquent, moins
travaillés. Il a fallu passer par l'agrandissement du détail pour réussir
ensuite le portrait du vieil homme à lunettes. Et après ce remarquable travail
de défrichage, vers quoi tendra la manière de l'artiste Bernard Bailly?
Tout autre
est la démarche de Carol Bailly. Elle se raconte des histoires simples en
dessinant à la plume des rues et des personnages qu'elle colorie ensuite, en y
ajoutant en mots et en phrases ce que le dessin n'attrape pas. Elle vous montre
ainsi les trésors ordinairement cachés dans la commode rose de l'enfance, quand
on discerne les chemins roses et les visages qui parlent sans comprendre le
pourquoi de la pièce qui se joue. Rien, rien n'est jamais terminé, écrit-elle
sur l'affiche qui annonce la double exposition. Il faut donc regarder l'état
actuel des choses de Carol et de Bernard Bailly.
LA LIBERTE
Vendredi 8
mai 1987
Béatrice
Berset
1984
BERNARD BAILLY A LA GALERIE DU STALDEN
CONQUIS PAR L'HERBE
Voici un
artiste conquis par l'herbe - oui l'herbe courte aussi dénommée gazon ou
verdura communis en mauvais latin - enfin par l'espèce de végétation qui fait
vrombir les moteurs des tondeuses dans les quartiers résidentiels de l'Occident
tout entier non plus seulement dans les parcs de sa gracieuse majesté dont les
"greens" ne furent jamais égalés.
Couché à
son niveau, Bailly voit chaque petit brin, le contemple, le photographie, passe
au suivant. Au 9999 brin d'herbe, il a rempli la planche qui lui servira à
imprimer ses sérigraphies en vert et en couleurs qui deviendront tentures pour
maisons modernes où dominent le blanc et le noir.
Mais il
prend la plume aussi et le pinceau et l’encre de Chine pour entrer dans les
détails. Et c'est alors que l'on constate que chaque brin d'herbe est
différent, qu'il est une création à lui seul: qu'il jaillisse comme un fleuret,
se courbe sous la bourrasque, s'appuie à l'autre ou confonde son point de
départ dans une touffe serrée.
Quelques
semences étrangères laissent apparaître parfois d'autres espèces vites
englouties, où des murs de briques surgissent, où un grillage où une étrange
machine, moteur I, moteur II, tentent leur chance. Gagneront-ils sur le gazon?
Appartement
I, II pourraient le faire penser: l'éléphant y joue sur un filin d'acier, les
maillons d'une chaîne écrasent ficus et brins d'herbes en arrière-plan. Le
regard d'une femme interroge. Dressé au milieu de l'espace d'exposition, un
socle blanc est couronné de gazon. Du vrai qu'on peut toucher manger et tout et
tout.
Décidément
il est très original, cet artiste. Il ne doit rien à personne ni aux
pointillistes ni à Delaunay, ni à Mondrian, ni à Fluxus. Mais vous lui devrez
peut-être d'avoir immortalisé le brin d'herbe quand le béton aura tout envahi.
Peut-être. Mais c’est loin d’être certain. Allez-y voir.
LA LIBERTE
Samedi
15/dimanche 16 septembre 1984
Béatrice
Berset
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